OR 2026 : APRÈS LA PERCÉE.

MACKGOLD | OBSIDIAN CIRCLE

Département de géopolitique stratégique et des ressources naturelles


Modification du niveau de référence de l’évaluation du risque dans le système mondial

Date de publication : 1er mars 2026


Déplacement du niveau de prix de référence

Le maintien de l’or aux alentours de cinq mille dollars américains par once troy indique un déplacement du niveau de prix de référence plutôt qu’un pic de court terme. Contrairement aux cycles précédents, la dynamique actuelle ne s’accompagne pas d’une phase spéculative de masse. Une nouvelle fourchette d’équilibre est en train de se former.

Historiquement, les mouvements brusques du métal se sont produits lors de chocs inflationnistes ou de crises bancaires. La phase actuelle se développe dans un contexte d’endettement mondial élevé et d’expansion significative des bilans des banques centrales au cours des dernières décennies. Il s’agit d’un horizon structurel de plusieurs années.

Le prix reflète une réévaluation du niveau acceptable de risque systémique.


Architecture des réserves et diversification relative

En 2025–2026, la demande soutenue des banques centrales se maintient. Les achats nets restent importants et la part relative de l’or dans les réserves officielles augmente progressivement après une longue période de stagnation. En moyenne, le métal représente environ 15 pour cent des actifs de réserve mondiaux, bien que la répartition varie considérablement selon les pays.

La réallocation s’opère au sein de l’architecture monétaire existante. Le dollar américain conserve son rôle dominant dans les règlements internationaux et la liquidité. L’or ne remplace pas les monnaies de réserve. Il réduit la concentration du risque de crédit et diversifie la structure d’accumulation des réserves.

Il s’agit d’un ajustement d’équilibre et non d’un démantèlement du système.


Offre et faible élasticité de la production

Un prix élevé renforce les incitations à accroître la production ; toutefois, l’offre d’or se caractérise par une faible élasticité. La croissance annuelle moyenne de la production minière mondiale s’est historiquement située dans une fourchette de 1 à 2 pour cent.

Le développement d’un nouveau grand gisement peut prendre jusqu’à dix ans, compte tenu de l’exploration, des licences et des investissements en capital. La hausse des coûts — équipements, énergie, exigences réglementaires — compense en partie l’effet prix. La concentration géographique de la production constitue un facteur supplémentaire.

La réévaluation financière devance l’expansion physique de l’offre. Cela renforce le soutien structurel des prix.


Demande d’investissement et rendements réels

L’or ne génère pas de flux de trésorerie. Il ne procure pas de revenu d’intérêt. Son attractivité dépend en grande partie de l’évolution des rendements réels des obligations d’État.

Lorsque les taux réels sont faibles ou négatifs, le coût d’opportunité de la détention du métal diminue. Lorsque les rendements réels augmentent de manière soutenue, la pression sur le prix s’accentue. La sensibilité de l’or aux variations des taux réels demeure élevée.

L’expansion de la masse monétaire mondiale au cours des dernières décennies a dépassé la croissance de l’offre physique d’or. Dans ce contexte, le métal agit comme un actif sans risque de crédit et comme une référence de valeur non fondée sur l’émission.


Risque d’émetteur et stabilité systémique

Le système financier repose sur les obligations des émetteurs. Les obligations d’État et les monnaies comportent un risque de crédit et un risque juridictionnel. Dans un contexte d’incertitude mondiale croissante, l’attention portée aux actifs ne nécessitant pas de contrepartie s’intensifie.

L’or appartient à cette catégorie. Sa liquidité est de nature internationale et ne dépend pas de la situation financière d’une économie particulière. Cela renforce son rôle dans les stratégies de diversification des réserves et des portefeuilles institutionnels.


Facteurs limitatifs

La stabilisation de l’inflation, des taux d’intérêt réels durablement élevés, le renforcement des principales monnaies et le rétablissement de la confiance dans les instruments de dette peuvent limiter la poursuite de la hausse et donner lieu à des phases correctives.

Néanmoins, la combinaison d’une demande structurelle et d’une offre contrainte permet d’envisager que la nouvelle fourchette de prix puisse se maintenir au-dessus des moyennes historiques de long terme.


Conclusion

L’or n’est pas devenu un actif plus productif.
C’est l’environnement d’évaluation des obligations nominales qui a changé.

Si la part relative du métal dans les réserves officielles continue d’augmenter, cela indiquera une diversification progressive de la structure mondiale de liquidité et une réduction de la concentration du risque de crédit.

La phase actuelle peut être considérée comme une étape d’adaptation structurelle du système financier mondial à de nouveaux paramètres de risque.


MACKGOLD | OBSIDIAN CIRCLE
Département de géopolitique stratégique et des ressources naturelles
1er mars 2026